Le Maghreb Economic Forum (MEF) a organisé les 31 janvier et 1er février à Tunis une table-ronde sur le thème «Le Maghreb : un moteur pour la création d’emplois?»

Cette rencontre a été marquée par la participation de nombreux experts, universitaires et hommes d’affaires tunisiens, maghrébins et internationaux, qui se sont penchés sur la question des gains potentiels de l’intégration économique maghrébine en termes de création d’emplois.

L’intégration maghrébine dans l’impasse

De la Libye à la Mauritanie, le Maghreb est aujourd’hui une région riche de plus de 85 millions d’habitants, dotée de ressources naturelles abondantes, se distinguant par une complémentarité en termes de main d’œuvre et jouissant d’une histoire et d’une culture communes de nature à rapprocher ses peuples.

Le Maghreb est aussi une région qui se caractérise par une croissance économique, certes soutenue mais modeste, une forte pression démographique, un taux de chômage particulièrement élevé (supérieur à la moyenne mondiale et touchant essentiellement les jeunes diplômés et les femmes), des investissements directs étrangers (Ide) insuffisants vers la région, des taux d’analphabétisation et de pauvreté particulièrement importants.

Les pays du Maghreb se sont tous engagés, individuellement et à des degrés différents, dans des accords commerciaux bilatéraux et/ou régionaux: Pafta1 pour la Tunisie, le Maroc et la Libye depuis 1997, zone de libre-échange avec l’Union européenne (UE) pour la Tunisie (1995), le Maroc (1996) et l’Algérie (2002), accords d’Agadir en 2007 entre la Tunisie, le Maroc, la Jordanie et l’Egypte, etc.

L’Union du Maghreb Arabe (Uma), signée en 1989 dans le cadre du Traité de Marrakech dans le but de développer les relations commerciales entre les cinq pays maghrébins, de favoriser la libre circulation des hommes et d’élaborer des politiques communes sur les plans économique et social, n’a pas réellement pris forme et n’a donc pas eu les effets escomptés.

Des échanges économiques anecdotiques

Les échanges intra-Maghreb représentent à peine 3% du Pib régional en 2011; le conflit politique à la frontière algéro-marocaine entrave par ailleurs la bonne application des accords de l’Uma. Or, l’intégration économique maghrébine pourrait être profitable à plus d’un titre: les complémentarités de la région en termes de produits, de main d’œuvre, de ressources naturelles, etc. permettraient non seulement de dynamiser le marché en termes d’investissement et notamment d’Ide, mais renforcerait également le poids de la région dans l’économie internationale. Plus particulièrement, l’intégration économique maghrébine pourrait avoir des retombées positives en termes de création d’emplois dans la région.

La table-ronde s’est déroulée en plusieurs panels, sur les «Enjeux et obstacles de l’intégration maghrébine»«l’intégration comme vecteur d’attractivité des investissements directs étrangers (Ide) dans le Maghreb», l’«intégration maghrébine : danger pour l’emploi?», les «services à l’export : un gisement d’emplois inestimables pour la région» et l’«intégration maghrébine et flux migratoires : implications en termes de créations d’emplois».

Une pléiade de spécialistes et d’experts

Parmi les participants, on citera Mustapha Kamel Nabli, ancien gouverneur de la Banque centrale de Tunisie (Bct), Arlsan Chikhaoui (Nord-Sud Venture, Algérie), Hakim Ben Hamouda (Banque africaine de développement), Mustafa Abushagur (ancien vice-Premier ministre du gouvernement intérimaire, Libye), Wided Bouchamaoui, présidente de l’Utica, Jaime de Melo (Université de Genève), Mohamed Wefati (Libya Development Policy Center, Libye), Sami Zaoui (Ernst & Young), Marva Corley-Coulibaly (OIT, Genève), Abdessalem Nagazi (Organisation maghrébine des études et développement des ressources humaines, Tunisie), Marouane Abassi (The World Bank, Libye), Habib Fekih (Airbus Middle East), Badreddine Ouali (Vermeg), Fadhel Abdelkafi (Tunisie Valeurs), Nizar Jouini (Bad), Karima Bounemra (Nations-Unies).

Un forum, des missions…

Le Maghreb Economic Forum (MEF) est une organisation non gouvernementale apolitique, indépendante et fondamentalement maghrébine. Fondé en 2011 et présidé Kamel Lazaar, il agit comme un think tank avec pour objectif la concrétisation de projets sur le terrain montrant ainsi que l’intégration régionale est souvent efficace et féconde.

La communauté maghrébine au sens large, tant dans les pays du Maghreb qu’à travers sa diaspora, dispose d’un potentiel humain avéré : des hommes et des femmes capables de réfléchir, d’élaborer une production intellectuelle de qualité et de contribuer activement au développement économique, social et humain de leur région.

L’ensemble maghrébin présente des atouts indéniables. Véritable carrefour entre l’Europe, l’Afrique et le Monde Arabe, le Maghreb bénéficie de liens historiques, culturels et géographiques privilégiés avec chacun de ces grands ensembles.

Sa jeune population d’environ 85 millions d’habitants constitue une main d’œuvre et un marché de consommation domestique capables de soutenir une croissance à deux chiffres à même d’assurer un développement durable de la région. Un territoire de 4 millions de km², des richesses naturelles, une relative aisance financière sont autant de forces qui viennent s’ajouter à la richesse humaine du Maghreb.

Le MEF cherche à contribuer au développement du secteur économique et financier dans la région du Maghreb, en :

– facilitant une meilleure et une plus forte coopération économique et sociale à travers le dialogue constructif et l’action efficace;

– agissant en tant qu’initiateur et incubateur de projets nationaux, régionaux et internationaux créatifs et innovants;

– identifiant et mettant en avant les synergies positives, pour promouvoir les opportunités de coopération au Maghreb, tant au sein de la région qu’en dehors de ses frontières ;

– en véhiculant une image positive, forte et compétitive de la région, de ses peuples et de ses institutions à travers le monde.

Source : communiqué.