« L’intégration maghrébine : un moteur pour la création d’emplois ? » : c’est le thème de la table ronde qui s’est ouverte ce jeudi à Gmmarth avec la participation d’une cinquantaine de personnalités maghrébines du monde des affaires, des finances et de la société civile. Elle est organisée par Maghreb Economic Forum dont le président, Kamel Lazaar, a fait un creuset d’idées au service de l’idéal maghrébin. Elle se tient en prélude au colloque international prévu dans le courant de l’année 2013 dans le but d’apporter des réponses à la problématique : qu’y aurait-il à gagner de l’intégration économique en termes de création d’emplois.

Lazaar a donné d’emblée le ton des débats en déplorant l’absence de volonté politique pour la réalisation de l’intégration maghrébine, dans l’intérêt des  pays maghrébins. «Pourtant, dit-il, il n’y a aucune raison objective pour que le Maghreb reste désuni, tant il se distingue par un tissu ethnique, social, culturel et religieux harmonieux. Les facteurs qui nous rassemblent sont beaucoup plus importants que ceux qui nous différencient. A l’image de l’Europe communautaire qui a pu se construire autour des idées de sécurité et de paix après des guerres effroyables, le Maghreb aussi peut et doit se construire autour de la communauté d’intérêts et face à la montée en puissance de graves périls : islamisme rampant, prolifération des trafics d’armes, extrémismes exacerbés».

«Ce n’est pas en agissant en rangs dispersés que nous pourrons en venir à bout, a-t-il encore déclaré.
L’intégration, a-t-il ajouté, est encore éloignée mais il y a de grandes possibilités d’action commune, donc intégrante, dans maints domaines comme l’énergie, le transport, l’interconnexion des systèmes financiers. Les possibilités existent, pour peu que soient mises à profit les possibilités existantes»
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Les deux premiers panels du premier jour des travaux, animés respectivement par l’ancien Gouverneur de la Banque centrale de Tunisie, Mustapha Kamel Nabli, et la présidente de l’UTICA, Wided Bouchammaoui, et qui ont donné lieu à quelques passes d’armes, laissent prévoir un débat passionné sur les vrais enjeux de l’intégration maghrébine.

Le premier panel portant sur les enjeux et obstacles de l’intégration maghrébine a mis en évidence, comme l’a exposé clairement M. Nabli, «l’étonnant paradoxe d’un Maghreb à l’intégration duquel rien d’objectif ne s’oppose mais qui ne parvient pas à s’unir, ni même à mutualiser ses atouts. C’est que, explique l’ancien gouverneur de la Banque centrale, nos pays ses focalisent  sur des considérations de politiques intérieurs et mettent sous l’éteignoir l’impératif d’une vision stratégique de leurs intérêts. Leurs différences fondamentales ne sont pas non plus pour arranger les choses, notamment celles entre deux pays riches en pétrole et les trois autres qui en sont dépourvus. Sans compter que les nantis d’entre eux et les autres sont géographiquement alternés».

«L’intérêt est élevé mais les obstacles le sont tout autant, et c’est tout l’enjeu de notre débat», a lancé M. Nabli.
Le débat, parfois passionné, s’est ensuite instauré après de brèves interventions de l’Algérien Arsalan Chikhaoui (Nord-sud venture), du Tunisien Hakim Ben Hammouda (BAD) et de l’ancien Vice-premier ministre du gouvernement transitoire libyen Mustafa Abushagur.

Quant au second panel présidé par Mme Bouchammaoui, il a porté sur le thème « l’intégration comme vecteur d’attractivité des IDE dans le Maghreb ». La présidente de l’UTICA a plaidé pour une libre circulation des capitaux et des marchandises. «Face aux graves problèmes sécuritaires qui se posent pour les deux pays, que peut faire la communauté d’affaires si la volonté politique fait défaut, s’est-elle interrogée, déplorant que «des abus et des trafics généralisés soient en train de se faire à travers les frontières, parfois l’œuvre de bandits, sans qu’il y soit mis un terme par qui que ce soit ».

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